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| Attrape moi si tu peux! |
Nous y sommes,
le causoir sort (enfin) de son silence... long, trop long pour moi (nous en reparlerons).
la polemique est presente certes, mais parler de l'arbre qui cache la foret n'est somme toute qu'un début.
plusieurs l'ont déjà fait, cet article ne sera pas le premier, mais la plupart se sont arretés à ce pauvre arbre. certains ont voulu le bruler, d'autres ont préféré l'ignorer mais il est là, bel et bien là, comme le couscous en plein milieu du vendredi des Césars...
je voulais intituler cet article Loubna... mais ce qui m'aura surtout interpelé sera cette part d'ombre qu'elle a involontairement créé par toute la lumiere qu'elle a attiré sur elle... de par son role, son personnage, ses apparutions médiatisées à tort et à travers par des médias avides de moqueries de premier degrés, critiquant parfois la forme, souvent le verbe mais rarement le contenu...
à Loubna, le destin est en cours d’écriture, hélas en dehors de son pays natal... son rôle elle l'a vécu, interprété, payé de son corps pour enfin être entendue, reconnue... ailleurs où décidément, l'habit ne fait pas le moine... loin d'ici où malheureusement, la djellaba ferait encore le sage et la jupe trahirait peut être la prostituée... qu'on le veuille ou pas, un talent de plus est parti à l’étranger à cause de l'absurdité, la bassesse intellectuelle, l'immaturité culturelle de tout un peuple...
et c'est bien là le noeud du sujet, cette zone d'ombre, cette foret d'arbres derrière loubna: ce peuple!
oublier pour un court instant Much Loved et se regarder dans un miroir se révèle beaucoup plus difficile pour une société de non-dits, une société hantée par la sacro-sainte hchouma, faire son auto-critique est parfois risquée et même parfois quasi suicidaire...
par contre quand il s'agit de juger son voisin, les présents se bousculent à la porte.
Le marocain souffre vraisemblablement du syndrome du tipi ... et je m'en vais vous l'expliquer de ce pas!
il était une fois dans des contrées lointaines, des tribus nomades, obligées de partager lors de leur courtes période de sédentarité, un seul et même espace de vie... le Tipi (une grande tente, quoi... une khayma) le schéma social qui en résultait était une implication quasi collective dans la vie quotidienne de chaque individu, etant donné que l’équilibre commun en dépendait...
tout le monde se mêle de la vie de tout le monde... ça ne vous rappelle rien?
par extension, quelques milliers de kilomètres plus loin, et malgré les siècles qui nous séparent aujourd'hui de ces gens là; le phénomène demeure encore intact!
- l'habitant de nador ou de tanger s'estime largement devoir s'offusquer du port d'un habit diffèrent de celui de sa grand mère par une jeune fille à inezgane... et il ne manque pas de le faire savoir... à sa manière...
- le jeûneur du ramadan fier de son haleine de chacal se la joue DigiCode du paradis... quand il croise quiconque avec des restes de laitue dans les dents...
- le groupie du cheikh expose sa stupeur face au déhanché d'une chanteuse aux formes généreuses... et j'en passe
tous jugent au nom de valeurs, de croyances, de culture et d'histoire qu'ils pensent communes... comme si l'avis différent de l'un compromettait les vies monotones de tous...
les matchs sportifs sont suivis par une foule de commentateurs expérimentés, les cafés sont blindés d'analystes politiques confirmés, le voisin sait mieux que vous comment éduquer vos enfants et même le passant dans la rue peut vous faire comprendre d'un simple regard si oui ou non vous commettez un fashion faux pas.... une vraie comédie quotidienne à ciel ouvert, vécue, supportée confortablement ou lâchement par tous et partout.
mais qu'on se le dise bien et sans vouloir paraphraser l'autre: "la vérité est peut être ailleurs" en tous cas elle en vient certainement.
un jour cette même vérité, pure, entière était comme le dit la légende entre les mains du créateur comme un miroir, ce dernier est tombé par terre et s'est brisé en centaines de milliers de morceaux... plus tard, chacun en ramassera un débris, et malheureusement pour lui, il pensera qu'il est le seul, détenteur de toute la vérité.
cette article n'est peut être qu'une petite note de musique en plus; mais face à un grand vacarme, il est parfois plus sage de chuchoter pour se faire entendre.

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